Le théorème de Thalès
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Thalès : un des premiers mathématiciens dont on se souvienne… On raconte qu’il réussit à calculer la hauteur de la plus haute pyramide d’Égypte en utilisant l’ombre qu’elle fait : savez-vous comment ?
Le théorème qui porte le nom de ce mathématicien de l’antiquité concerne des triangles semblables comme nous allons le voir ci-dessous.
Agrandissement et réduction
Observez la figure suivante :
Dans cette figure, on a deux triangles emboîtés
et
, et le côté
est parallèle au côté
.
Comme
et
sont parallèles, on obtient des angles correspondants égaux.
Ainsi,
=
, et encore
=
. Bien sûr, on a
=
.
Ce qui montre que les triangles
et
ont des angles égaux 2 à 2 : on dit que ces triangles sont semblables ; la figure ci-dessous montre les angles égaux.
Intuitivement, cela nous montre que le triangle
est un agrandissement du triangle
(on peut dire aussi que
est une réduction de
).
Ainsi, les triangles
et
ont leurs côtés proportionnels, ce que l’on peut traduire par le tableau de proportionnalité suivant :
| triangle |
|||
| triangle |
À la place d’un tableau de proportionnalité, on peut écrire les égalités suivantes : 
ce qui nous donne le théorème de Thalès.
Le théorème de Thalès
Si dans un triangle
, un point
est sur le côté
et un point
sur le côté
avec
//
alors
Un cas particulier
Un cas particulier du théorème de Thalès est obtenu en prenant
au milieu de
:
on a donc
. D’après le théorème de Thalès, il en résulte les mêmes proportions pour les 2 autres côtés :
et
.
On a donc
qui est le milieu de
et
qui est la moitié de
.
D’où le théorème suivant :
Si dans un triangle, une droite passe par le milieu d’un côté tout en étant parallèle à un autre côté alors cette droite passe par le milieu du troisième côté.
La droite des milieux
En considérant la figure ci-dessus, nous savons par ailleurs qu’il n’y a qu’une seule droite parallèle à
et qui passe par
(cette propriété est connue sous le nom de l’axiome d’Euclide) donc la droite qui passe par les milieux de deux côtés d’un triangle ne peut qu’être parallèle au troisième côté.
D’où le théorème de la droite des milieux :
Dans un triangle, si une droite passe par les milieux de deux côtés alors cette droite est parallèle au troisième côté.
Une démonstration d’Euclide
Ci-dessus, nous avons évoqué notre intuition pour expliquer que le triangle
est un agrandissement du triangle
. Voici une explication plus rigoureuse dûe à Euclide, un autre mathématicien de l’antiquité.
Si nous traçons les segments
et
, nous avons deux triangles
et
:
Ces deux triangles
et
ont leurs hauteurs, issues de
et de
respectivement, égales (car les droites
et
sont parallèles) associée à leur base commune ![]()
donc
où
désigne l’aire de …
en prenant les compléments des triangles
et
à l’intérieur du trapèze
, on a encore deux triangles
et
de même aire :
donc, en ajoutant le triangle
aux deux triangles
et
, on a encore des triangles de même aire : 
Maintenant, traçons la hauteur
issue de
pour le triangle
et la hauteur
issue de
pour le triangle
.
L’égalité
donne alors

d’où
Par ailleurs,
peut être exprimée en fonction de la hauteur
ou de la hauteur
. On obtient

donc
En divisant les deux égalités obtenues, on a :

et en simplifiant, cela donne

Plaçons le point
de
de sorte que
soit parallèle à
:
est un parallélogramme donc
.
Par ailleurs, dans le triangle
,
est sur le côté
,
sur le côté
et, par construction,
//
donc on peut réutiliser le même raisonnement que ci-dessus pour obtenir :

Or,
et ![F \in [BC] F \in [BC]](local/cache-TeX/8d5fd35980b4bdbf6d58270f46cd61fe.png?1685537206)
donc
et
il en résulte que
c’est-à -dire 
Or, quand on divise un nombre par lui-même, on obtient 1 :
donc 
et donc
et comme
, on obtient :

On a donc bien les égalités

CQFD
Un réseau de parallèles
En fait, le théorème de Thalés peut être associé à une propriété des réseaux de droites parallèles, comme nous allons le voir maintenant.
Considérons un triangle
et un partage en parts égales du côté
; pour fixer les idées, supposons que ce côté
soit partagé en 7 parts égales.
Et traçons les droites parallèles au côté
passant par les points correspondants au partage du côté
.
Ce réseau de droites parallèles coupent le côté
en 6 points comme sur la figure suivante :
Nous allons montrer que l’on obtient un partage en parts égales du côté
.
Pour cela, traçons la droite qui est parallèle à
et qui passe par
: elle coupe la droite
en
comme sur la figure suivante :
Nous allons comparer les triangles
et
.
Par construction, les droites
et
sont parallèles et il en est de même des droites
et
.
Il en résulte que le quadrilatère
est un parallélogramme
donc
.
Or, le partage du côté
étant en parts égales, 
donc
Par ailleurs, d’une part, les droites
et
étant parallèles, les angles correspondants
et
sont égaux, et d’autre part, les droites
et
étant parallèles, les angles correspondants
et
sont égaux.
On sait que la somme des angles dans un triangle est égale à 180°
donc, dans le triangle
, 
et comme
et
, il en résulte :

Or, dans le triangle
, 
donc 
Ainsi, les triangles
et
ont leurs côtés
et
égaux et les angles adjacents à ces côtés égaux deux à deux :
et 
Cela correspond à un des cas d’égalité des triangles : les deux triangles
et
sont superposables et donc
.
En reproduisant le même raisonnement à partir des points
,
,
,
et
, on montre que les longueurs
,
,
,
,
et
sont toutes égales à la longueur
: elles sont donc toutes égales, ce qui montre que l’on a bien un partage en parts égales du segment
CQFD.
Prenons maintenant le point
par exemple.
On a
et
donc 
de même,
et
donc 
il en résulte que 